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2005 : Le « Joly » coup de Sébastien ! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Wednesday 03 December 2008 10h05

joly_2005.jpgDu premier au dernier jour, le français Sébastien Joly et son équipe du Crédit Agricole se sont rendus maîtres de la 38ème édition du Tour du Limousin. Un deuxième succès consécutif pour la formation dirigée sur l’épreuve par Michel Laurent, après la victoire de Pierrick Fédrigo en 2004.

Dans une première étape courue sous un soleil de plomb, l’ardéchois Sébastien Joly s’imposa en solitaire à Saint-Vaury. Premier attaquant de la journée, le coureur de l’équipe Crédit Agricole emmena dans son sillage Jérémy Roy et Yoann Le Boulanger.

 

Au Kilomètre 70, les trois hommes comptait déjà 6’58’’ d’avance sur un peloton fort de 115 éléments. A 38 kilomètres de l’arrivée, l’écart allait descendre à 3’38’’. Sébastien Joly, sentant poindre la menace du peloton, laissait sur le carreau ses compagnons d’échappée à 28 kilomètres de Saint-Vaury, dans la côte de Peyrabout. Tout logiquement sur la première marche du podium à l’arrivée, il revêtait la tunique jaune de leader. Vainqueur sortant du TDL et sacré champion de France à Dunkerque, le grand favori de l’épreuve, Pierrick Fédrigo (Bouygues Télécom), terminait à 2’15’’, un écart déjà décisif pour la suite. Le poids de la course sur les épaules, Joly ne pouvait qu'espérer s’accrocher et maintenir son avance. Pour remporter le Tour, il lui fallait désormais compter en grande partie sur le travail de ses co-équipiers.

Le Tour prend de la hauteur


L’ascension du col de la Sœur, lors de la seconde étape entre Sainte-Feyre et La Bourboule fût une première dans l’histoire du Tour. En effet, jusqu’alors l’épreuve n’avait jamais atteint une telle altitude : 1.149 mètres.

La course se décanta dès le sixième kilomètre avec la constitution de l’échappée du jour. Six coureurs faussaient compagnie au peloton. Parmi eux on retrouvait quatre français : Christophe Agnolutto, René Mandri, Cyrille Monnerais et Ludovic Martin. L’Ouzbek Sergey Lagutin et le Belge Nico Sijmens complétait le groupe. Le temps au beau fixe, le soleil accompagnait les coureurs sur les routes de la Creuse et du Puy-de-Dôme. L’écart entre les six fuyards et le peloton culminait à 3’10’’ aux alentours du 65ème kilomètre. Dès lors la formation du maillot jaune engagea la poursuite afin de ramener cet écart sous le seuil des 3’. La côte d’Avèze et le col de la Sœur se profilait à l’horizon. A une trentaine de kilomètres de l’arrivée, le groupe des six commença à voir son avance fondre comme neige au soleil. Ils furent repris par le peloton à quelques kilomètres de l’avenue des Etats-Unis, à La Bourboule, ou une foule enthousiaste se pressait aux abords de la ligne d’arrivée. Samuel Dumoulin enleva la victoire au sprint devant le nantais Lilian Jégou et le suédois John Nielssen.

Au départ de la troisième étape, Sébastien Joly comptait 2’10 sur son dauphin Samuel Dumoulin. Une nouvelle fois le Crédit Agricole contrôla la course tout au long des 179,2 kilomètres d’une étape pluvieuse. Laissant s’extirper cinq coureurs (parmi lesquels on retrouvait notamment Fédrigo et Hushovd), puis un sixième en la personne de Koji Fukushima, les hommes en vert n’accordèrent qu’une très faible avance tournant autour de la minute avant d’opérer la jonction à 30 kilomètres d’Egletons. Plusieurs attaques fusèrent. Mengin, Le Mevel, Naïbo, Goubert ou encore Hushovd (stoppé par une crevaison) livrèrent leurs dernières forces pour tenter de décrocher la victoire dans la cité corrézienne. Mais leurs tentatives ne purent aboutir. L’italien Leonardo Bertagnolli, co-équipier du lotois David Moncoutié, s’imposa en costaud devant le colombien Leonardo Duque. Joly termina en 25ème position dans la roue de… Fédrigo.

Au matin de la quatrième et dernière étape, la victoire finale semblait quasiment acquise à Joly. Le leader du classement général se devait néanmoins de couvrir les 186,9 derniers kilomètres de ce Tour 2005. De Saint-Gence à Limoges, le combatif du jour fût le seul coureur limousin professionnel, Maxime Médérel (Auber 93). L’ambazacois prit la poudre d’escampette à hauteur d’Etagnac, et emmena dans sa roue, entre autres, le dernier vainqueur français de Paris-Roubaix, Frédéric Guesdon, le néerlandais Sven Nijs, Geert Verheyen et Yuri Kritsov, qui pointait à 2’15’’ du leader au général. Or, l’écart entre les échappées et le peloton atteigna les 2’45’’, offrant ainsi un virtuel maillot jaune à Kritsov. En compagnie de Médérel, il prit les devants et couvra plusieurs tours du circuit final en tête. Mais inexorablement, le peloton avala les attaquants du jour et déploya la fougue des sprinteurs. Dans cette discipline, le Norvégien Thor Hushovd, coéquipier de Joly, est un spécialiste. Il s’imposa devant Dumoulin et Duque.

Sur la ligne, devant le Parc municipal des Sports de Limoges-Beaublanc, un coureur exprimait plus que le reste des « troupes rescapées » son soulagement d’en avoir terminé. Sébastien Joly, les deux bras levés, savait qu’il venait de réaliser un joli coup de maître !
 
Mathieu SIRIEIX

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