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1995 : Un russe en terre limousine Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
vendredi 23 janvier 2009 16h37
aldag_1995.jpgAprès le passage du Tour de France en juillet, l’engouement populaire pour la petite reine s’empare à nouveau de la région. Les coureurs de l’ancien bloc soviétique sont à l’honneur dans cette 28ème édition du Tour du Limousin. Le russe naturalisé belge, Andreï Tchmil, mène la course de bout en bout, devant un jeune allemand, Jan Ullrich.

Vingt-trois. C’est le nombre de coureurs ayant pris une option sur la victoire finale dans la première étape du TDL. Parmi ces coureurs, on compte Thibout, Madouas, Desbiens (Castorama), Kasputis (Chazal), Pontier (Aubervilliers 93), Vogels (Novell), Verbeken (Collstrop), Halgand (Festina), Steels (Vlaanderen 2002-Eddy Merckx)…et Tchmil (Lotto). Le coureur de la formation belge fait la pige à ses compagnons d’échappée sur la ligne d’arrivé à Dun-le-Palestel ; sous les yeux de l’acteur et comédien Victor Lanoux. Le russe, natif de Khabarovsk, devance au sprint Jan Ullrich, Henk Vogels et Didier Rous. Le peloton quant à lui pointe le bout de son nez vingt minutes plus tard. La victoire finale sauf incident appartiendra à l’un des vingt trois échappés du jour qui se tiennent en moins de trois minutes !

Sous le soleil !

« Sous le soleil exactement ! » On fredonne, avec un brin de nostalgie, ce refrain chanté par Anna Karina sur des paroles de Serge Gainsbourg, en 1967. Oui, le soleil a bel et bien pris son ticket d’entrée sur les routes régionales depuis le départ de Limoges. Nos petits cyclistes en plomb fondraient sous un tel soleil ardent ! Nos grands cyclistes eux transpirent à grosses gouttes. Ils ont soif… et Laurent Madouas est sanctionné par les commissaires pour un bidon pris trop près de l’arrivée. Le règlement demeure le règlement… mais la sanction sera finalement levée. De la Creuse au Lot en traversant la Corrèze, les coureurs se sont « offerts » un beau périple. Dans les communes traversées, de Saint-Junien-la-Bregère à Altillac, en passant par Madranges, Neuville ou encore Lostanges, les spectateurs à l’ombre acclament les forçats de la route. Pas le temps pour ces derniers de converser ou même de compoter… enfin peut-être à l’arrivée, à Biars-sur-Cère ! La victoire d’étape se joue entre deux hommes : Jean-Cyril Robin et Jens Heppner. Ils ont faussé compagnie à leurs compagnons d’échappée parmi lesquels se trouvait Frédéric Pontier. Celui-ci ne pointant au classement général qu’à 1’38’’ de Tchmil, sa présence risquait de condamner l’aventure. Le duo combine alors ses efforts. Au final Heppner prend les devants au sprint sur la longue ligne droite finale et supplante les espoirs du coureur breton de l’équipe Festina. Nicolas Jalabert, le tarnais, termine quant à lui à la troisième place.

Les Telekom encore et toujours aux avant postes

Dans les Monédières, lors de la troisième étape, les français « se tirent dans les pattes », les intérêts des équipes primant. Tchmil, loin d’être a son aise dans l’ascension du Col des Géants - effectuée à deux reprises - en sort bénéficiaire puisqu’il conserve son maillot blanc de leader au classement général. L’étape prend son essor dans la côte d’Aubazines ou Djamolidine Abdoujaparov et Lars Michaelsen s’échappent derrière l’allemand de la Telekom, Gerd Audhem, parti un peu plus tôt en éclaireur. Sur le circuit du Bol d’Or des Monédières Christian Henn déclenche la grande bagarre. Masdupuy (Aki), Ledanois et Aldag le suivent. Les trois coureurs de l’échappée matinale sont repris. Bruno Thibout qui est à seulement 51‘’ de Tchmil au classement général (Castorama) accélère la cadence et sort du peloton. Pillon, Ozols, Hundertmark, et Gouvenou lui collent au train. Virtuel détenteur du maillot distinctif de leader de l’épreuve, durant un certains laps de temps, Thibout verra ses effort « ruinés » par l’avant garde du peloton dont le tempo est assuré par l’équipe Gan. A Chaumeil c’est finalement l’Allemand Aldag (Voir notre photo) qui tire son épingle du jeu en s’imposant devant Ledanois et Hundertmark. Tchmil termine à 21’ de Thibout.

Les contours de l’ultime étape s’ébauchent peu après le sprint de bonification de Coussac-Bonneval. 10 coureurs larguent les amarres dont Laurent Brochard, Christian Henn, Gilles Delion, Christophe Capelle, ou encore Verbeken. Le peloton les laisse filer avec une avance maximum de 3’ au 83ème km d’une étape qui en compte 193. Sur le circuit final les attaques se multiplient. Gilles Delion est le premier à tenter sa chance. Il attaque dans la côte du boulevard La Borie. Mais il a usé toutes ses cartouches et le voilà très vite « collé » au bitume. Tous essayent de se faire la belle, mais en vain. La dernière tentative sera la bonne. Ozols porté par la foule, file seul au dernier passage sur la ligne. Brochard (Festina) et Capelle (Gan) chassent derrière lui et le dépassent… à quelques encablures de la ligne d’arrivée. C’est le routier sprinter de la formation Gan qui s’octroie la victoire d’étape. Laurent Brochard, second, se console en remportant le prix de meilleur grimpeur de ce TDL 1995.

C’est un podium somptueux qui clos cette 28ème édition, marquée par une chaleur écrasante. Andreï Tchmil, vainqueur un an auparavant de Paris-Roubaix, est venu à bout des 706 km de course, avec dans son sillage deux jeunes et prometteurs coureurs : l’allemand Jan Ullrich et le Français Didier Rous.

Mathieu SIRIEIX

 
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